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Contamination nucléaire : quels sont les aliments les plus sensibles ?
Sols, plantes, animaux... Sur les zones touchées par des dépôts radioactifs, tout est contaminé. Mais pas au même degré. Quels sont les aliments les plus sensibles à la contamination radioactive ? Le point avec Philippe Renaud, chef du laboratoire d’études radio-écologiques en milieux continental et marin à l’IRSN.

Les salades et le lait.

« Les aliments les plus sensibles aux dépôts radioactifs sont les légumes à feuilles et le lait », indique le spécialiste de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN). Les salades donc, mais encore les épinards et les poireaux sont les produits de consommation à éviter en priorité en cas d’accident nucléaire. « Il faudra même interdire leur consommation au Japon pendant plusieurs semaines, en cas de catastrophe majeure », précise Philippe Renaud.

Comme les légumes à feuilles, l’herbe reçoit aussi directement les dépôts radioactifs. Le lait des vaches, chèvres et autres brebis est donc rapidement contaminé. Quand ? « Dès le lendemain de l’ingestion par les animaux », souligne le spécialiste.

Dans un second temps, la viande sera elle aussi contaminée. Pour cette raison, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) réclamait dès ce jeudi, « une cartographie des activités de surface (au Japon n.d.r.l.) permettant de recenser les zones à risque. Et de cibler les mesures à prendre pour le retrait des aliments contaminés ou les mesures de prévention (alimentation du bétail en fourrage non contaminé par exemple) ».

Contamination chronique.

Dans les mois et même les années qui suivent, une contamination chronique des sols perdure. C’est d’ailleurs toujours le cas, dans les environs de Tchernobyl, en Ukraine, depuis l’explosion de la centrale atomique. C’était il y a 26 ans. « La quantité de césium 137, dont la demie vie est de 30 ans, diminue très lentement », reprend Philippe Renaud. La demi-vie ? C’est la période au terme de laquelle ce produit perd la moitié de son efficacité ou... de son danger. « Et les taux s’élèvent encore aujourd’hui à 100 Becquerels (Bq) par litre de lait et plus de 1 000 Bq par kilo de certains champignons dans des zones situées à plus de 30km autour de la centrale ukrainienne ».

En France, quelques jours après la catastrophe, en mai 1986, « on a relevé des taux de concentration de polluants radioactifs de 1 000 Bq par kilo de salade, dans l’est de la France », poursuit le spécialiste. La quantité de césium 137 des salades en France est actuellement de l’ordre de 0,01 Bq/kg. En comparaison, les légumes à feuilles les plus contaminés autour du site ukrainien pourraient avoir contenu « jusqu’à 100 000 becquerels par kg... »

Naturellement, plus la concentration dans les denrées est importante, plus les conséquences sur la santé liées à leur ingestion sont graves. Une fois consommés, les produits contaminés sont digérés. Les éléments radioactifs profitent de ce processus naturel pour passer dans le sang, jusqu’aux organes. Ensuite, l’organisme les élimine par les voies naturelles... mais le mal est fait, en fonction des doses.

Et les eaux ? La contamination terrestre est bien pire que celle du milieu marin. En effet, « les dépôts en surface de l’océan et en pleine mer ont des conséquences négligeables puisque le phénomène de dispersion y est important », rassure Philippe Renaud. Toutefois, les eaux n’en sont pas pour autant protégées. En effet, « les dépôts radioactifs sur la terre ruissellent dans les cours d’eaux et finissent par se déverser dans la mer, le long de la frange côtière », ajoute-t-il. Lieux de pêche et d’aquaculture, ces zones deviennent donc particulièrement sensibles à une contamination radioactive. « D’autant que l’eau s’y renouvelle moins rapidement qu’en haute mer »...

Source :http://www.destinationsante.com


 
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