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Le Cancer
Destination Santé

Dépêche [27 août 2007 - 10:35]


Cancer du sein : des avancées concrètes

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme : une tumeur sur quatre. Et au cours de sa vie, une femme sur neuf risque d’en être atteinte. C’est également une maladie universelle : dans le monde, plus d’un million de ces cancers sont diagnostiqués chaque année, dont plus de 41 000 en France où 11 632 personnes en sont mortes l’an dernier. Et la tendance n’est pas à la baisse.

Le nombre des cancers du sein est à la hausse en fait, depuis les années 1950. Et ils touchent de plus en plus de jeunes femmes, avant 40 ans. En France leur fréquence a augmenté de 60% en 20 ans, et c’est dire le poids considérable de cette maladie sur la santé publique. La seule solution pour inverser la tendance, c’est le diagnostic précoce combiné à une stratégie thérapeutique efficace.

Comme tous les cancers, le cancer du sein se traduit par la prolifération anormale de cellules elles-mêmes anormales. Dans le cas d’espèce, la tumeur se développe dans la glande mammaire. Et si la maladie touche en majorité les femmes certes, les hommes peuvent également être concernés. Rare avant 30 ans, ce cancer est le plus fréquent entre 60 et 64 ans, mais il menace encore jusqu’à 74 ans. Dans la plupart des cas il se manifeste par une petite boule détectable à partir de 1 cm environ. D’autres signes doivent aussi attirer votre attention : une déformation du sein vers l’intérieur, une rougeur ou un écoulement du mamelon.

N’hésitez pas à vous palper les seins et les aisselles une fois par mois, après les règles. La technique est simple et indolore, renseignez-vous auprès de votre médecin traitant. Et à la moindre anomalie ou en cas de doute même minime, consultez sans tarder. Car comme pour tout cancer, le pronostic dépend en grande partie de la précocité du diagnostic.

Plus ce dernier sera posé tôt, plus grandes seront les chances de guérison. Aujourd’hui, ce diagnostic repose principalement sur la mammographie. Une technique indolore, fiable mais... coûteuse si elle est pratiquée en masse. Résultat si le dépistage de masse s’impose dans les pays développés, beaucoup de pays en développement ne peuvent se permettre un tel luxe. Oui, la mammographie est parfois encore, un luxe...

En France heureusement, le Plan Cancer entré en vigueur le 1er janvier 2004 permet à toutes les femmes de 50 à 74 ans, soit près de 8 millions d’entre elles, de bénéficier gratuitement et tous les deux ans d’une mammographie. L’objectif affiché, c’est de réduire de 20% la mortalité par cancer du sein. Nous sommes sur la bonne voie.

La révolution des thérapies ciblées

En 2006 en effet, plus de 2 millions de femmes ont eu recours à ce programme de dépistage organisé. « Ce qui représente 49,3% de la cible » indique l’Institut de Veille sanitaire (InVS). Une proportion qui ne cesse d’augmenter depuis 2003.

Mais bien entendu, le dépistage ne suffit pas pour faire reculer les cancers. Il est indispensable de faire progresser aussi les traitements. Et de ce côté-là, les nouvelles sont encourageantes. Outre la chirurgie, la chimiothérapie a fait des progrès considérables depuis un peu plus de 15 ans. L’introduction au début des années 90 du Taxotère, un médicament qui bloque la multiplication cellulaire, a marqué un premier progrès spectaculaire.

Mais l’arrivée récente des thérapies ciblées présentées au 43ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology qui s’est tenu récemment à Chicago, a marqué une nouvelle révolution. Comme leur nom l’indique, elles s’attaquent à des cibles étroites. Il peut s’agir des cellules malignes pour les détruire, ou de l’un de leurs sites récepteurs.

Dans ce cas, l’objectif peut être de les amener à se détruire en rétablissant le mécanisme de mort cellulaire, ce que l’on appelle l’apoptose. Ou encore de les affamer en les empêchant de provoquer la formation des vaisseaux sanguins indispensables à leur survie. C’est le contrôle de la néo-angiogénèse. Une autre arme efficace est l’utilisation des anticorps monoclonaux, qui se fixent sur les cellules tumorales et les empêchent de provoquer la formation de métastases.

Aujourd’hui les traitements reposent généralement sur des combinaisons complexes associant plusieurs de ces armes. Car il est vrai que « si l’on se contente de traiter localement le cancer du sein on n’obtient guère que 20% de survie à 5 ans à cause des métastases », insiste le Pr Xavier Pivot, du CHU de Besançon. « Or avec des traitements bien conduits, nous obtenons aujourd’hui 80% de guérisons vraies. » Autrement dit des guérisons que les médecins sont en mesure de certifier scientifiquement à leurs malades... et aussi à leurs assureurs, qui sont comme chacun sait des professionnels très prudents.

L’émergence de l’onco-esthétique

Plus efficace et moins longue, la prise en charge du cancer du sein n’en demeure pas moins lourde pour les patientes. Car s’il est vrai que les traitements guérissent de plus en plus, ils touchent la femme dans sa féminité : perte de cheveux, des cils, des sourcils... Il est souvent difficile dans ces conditions, de garder une bonne image de soi !

Or c’est fondamental pour lutter contre la maladie. En France, sous l’impulsion des patientes bien sûr mais aussi du Plan Cancer, une nouvelle discipline est en train de voir le jour : l’onco-esthétique. Certes les hôpitaux ne débloquent pas encore de budgets pour créer des postes d’esthéticiennes. Malgré tout, des initiatives naissent ici ou là.

Ainsi le premier prix des Initiatives Roche 2007 Cancer du sein et onco-esthétique vient-il d’être remis lors du Congrès Eurocancer, à une équipe de l’hôpital Saint-Camille de Bry-sur-Marne. De son côté l’Association Any d’Avray, créée par une spécialiste des chevelures d’appoint, a remis pour la 13ème année consécutive son prix Infirmier à une socio-esthéticienne qui a créé une consultation d’onco-esthétique dans un établissement de Colmar. Au sortir de la consultation infirmière, les patientes peuvent ainsi recevoir des conseils concernant leur maquillage, leur chevelure, leur style vestimentaire mais aussi les accessoires à porter avec tel ou tel type de vêtement. Une véritable « mise en beauté » qui n’est vraiment pas de trop pour celles qui débutent la Grande traversée que constitue le traitement d’un cancer du sein


Destination Santé

Dépêche[24 août 2007 - 08:55]

Cancers pédiatriques : gare aux effets secondaires à distance

Si la majorité des cancers pédiatriques sont aujourd’hui curables, les jeunes malades doivent toutefois bénéficier d’un suivi attentif à long terme. Comme vient de le montrer une nouvelle étude néerlandaise, ils sont en effet particulièrement exposés à « de sérieux problèmes de santé » à l’âge adulte.

Surtout ceux « qui ont été traités par radiothérapie » a constaté le Pr Huib Caron, d’Amsterdam. Avec son équipe, il a suivi près de 1 400 patients âgées en moyenne de 25 ans et qui avaient souffert d’un cancer durant l’enfance.

Résultat, trois sur quatre rapportent encore ce que l’auteur considère comme des « effets secondaires ». Lesquels paraissent donc avoir la capacité de survenir à distance. Les plus courants sont les « troubles orthopédiques », mais Caron cite également l’apparition de nouvelles tumeurs (affectant un autre organe), l’obésité, l’infertilité, les troubles cognitifs, psychosociaux, neurologiques ou endocriniens.

D’après son travail, les patients qui ont souffert de cancer des os, de leucémie ou de certains cancers du rein - la tumeur de Wilms - seraient les plus exposés à ce type d’effets secondaires. Autant de bonnes raisons pour les suivre de près. Et sur le long terme, donc.


Dépêche Destination Santé

[18 septembre 2007 - 13:30]

Cancers, maladie d’Alzheimer : mortalité en hausse

Avec 152 708 décès en 2004, les cancers sont désormais la première cause de mortalité en France. Devant les maladies cardio-vasculaires et les accidents. C’est en tout cas la conclusion du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), qui fait le point sur les origines des décès survenus en 2004.

Cette année-là, 509 408 morts -toutes causes confondues- ont été rapportées en France métropolitaine. Soit une baisse totale de 35% en 25 ans, due principalement à une division par deux des décès par maladies cardio-vasculaires. En revanche, la mortalité par cancer a fait un bond en avant, même si cette hiérarchie varie selon le sexe et l’âge.

Les hommes d’abord : chez les 25-44 ans, la première cause de décès demeure le suicide, avec 2 556 morts. Mais entre 45 et 64 ans, un décès sur trois est d’origine cancéreuse. Principalement des tumeurs de la trachée, des bronches et du poumon. Chez les plus de 65 ans et sans surprise, les maladies cardio-vasculaires tuent une personne sur trois. Et ce, aussi bien parmi les hommes que les femmes.

Chez les femmes justement, les tumeurs prédominent dès 25-44 ans. Le cancer du sein est même la première cause de mortalité entre 45 et 64 ans (3 587 décès). Il est suivi par celui du poumon qui, avec 1 930 décès, est en forte augmentation.

Le dernier enseignement intéressant concerne la « très forte progression » de la mortalité attribuée à la maladie d’Alzheimer. En 25 ans, elle a ainsi bondi de 37% chez les hommes et de 34% chez les femmes... Pour les auteurs, cette réalité « nécessite une action plus percutante en santé publique ».

Source : BEH n°35/36, 18 septembre 2007


 
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